Un bon réseau vous informe, enrichit vos connaissances, vous encourage à innover. Vous pouvez compter sur lui pour peaufiner vos idées. Il est un allié de taille pour venir à bout des urgences alors que le temps vous manque. Ce sont là quelques-uns des avantages procurés par un réseau de connaissances.

Nombreuses sont les personnes à reconnaître la nécessité d’entretenir d’innombrables relations professionnelles, variées de surcroît. Mais elles sont encore plus nombreuses à éprouver de la difficulté pour sauter le pas, pour embrasser le réseautage. Elles doivent lutter pour réussir à abattre cette résistance innée que l’esprit oppose à l’idée de se constituer un réseau. Chez certains individus, c’est même une sensation de dégoût qu’ils doivent s’efforcer de réprimer.

Loin d’être un problème de savoir-faire, ce blocage est une question d’état d’esprit.  En effet, très souvent, un professionnel renoncera à adopter le réseautage s’il croit à ne serait-ce qu’un seul des cinq préjugés tenaces concernant cette démarche. Voici ces 5 idées préconçues à immédiatement oublier si vous souhaitez profiter pleinement des atouts du réseautage.

1) Le réseautage est une perte de temps

Tout dépend de la qualité de votre réseau et de la façon dont vous le développez et l’exploitez. La plupart des professionnels ne se fixent aucun objectif lorsqu’ils plongent dans l’univers du réseautage. Ces personnes ne mettent en place aucune stratégie : elles se contentent de répondre aux sollicitations qu’elles reçoivent et se mettent à rechercher des relations uniquement lorsqu’elles ont des besoins. Il est déconseillé de mener un réseautage dans cet esprit : le réseau que vous obtiendrez ne vous sera pratiquement d’aucune utilité.  Commencez par identifier tous les contacts susceptibles de présenter un intérêt stratégique pour votre activité. Ensuite, cherchez à faire connaissance avec eux. Grâce à cette méthode, vous avez toutes les chances de vous retrouver avec un carnet d’adresses rempli de coordonnées dont vous avez réellement besoin.

2) Soit une personne possède un talent inné pour le réseautage, soit elle n’en possède pas et n’en possédera jamais

Il est généralement admis que seules les personnalités extraverties ont la capacité à mener à bien un réseautage. En revanche, l’introversion, qu’implique la timidité, est un obstacle au succès du réseautage. C’est dans cette logique qu’un individu introverti s’investira peu dans la constitution d’un réseau, car il est persuadé que ses efforts ne lui donneront qu’un résultat insatisfaisant.

La psychologue Carol Cweck, de l’université de Stanford, a démontré un phénomène particulier. Il concerne une catégorie bien précise de personnes : celles qui sont convaincues que la nature et l’apprentissage s’affrontent lorsqu’il s’agit d’atouts individuels, telle l’intelligence ou l’aptitude en leadership. Cette conviction a une conséquence notable sur le niveau d’effort qu’elles sont prêtes à déployer pour apprendre un domaine dans lequel elles n’ont aucune aisance naturelle. Un esprit borné aura tendance à croire que les compétences sont acquises à la naissance. À la différence, un individu qui souhaite constamment s’améliorer est persuadé que les compétences s’acquièrent et s’affinent au fil du temps.

Si vous pensez que le réseautage est une compétence que vous pouvez développer, vous serez motivé à l’idée de vous perfectionner dans ce domaine. Ne vous ménagez pas et persévérez. Vous finirez alors par avoir un réseau remarquable duquel vous pourriez pleinement tirer parti. Ce ne sera pas le cas des individus dotés d’un système de pensée rigide.

3) Les relations devraient se créer naturellement

La spontanéité est le pilier de ce préjugé. Lorsque deux personnes s’apprécient mutuellement, elles entrent en contact de manière spontanée. Puis, la relation qu’elles entretiennent se développe progressivement. En clair, il est absolument superficiel de vouloir créer un réseau de relations en s’appuyant sur une stratégie et en étant méthodique. Certains partisans de cette théorie vont même jusqu’à penser que le réseautage est dépourvu d’éthique.

Cette façon de raisonner engendre la constitution d’un réseau qui ne vous sert pas beaucoup. Au demeurant, il n’apporte également aucun avantage à vos contacts. La raison en est que sa composition est trop homogène. Des décennies de recherche en psychologie sociale ont permis, entre autres, d’arriver à deux conclusions. D’une part, deux personnes qui se ressemblent sont susceptibles de nouer et d’entretenir une relation entre elles. D’autre part, deux inconnus qui se croisent souvent n’éprouveront aucune difficulté à faire connaissance. Leur entrée en contact est facilitée par leurs rencontres récurrentes. Après tout, s’ils tombent fréquemment l’un sur l’autre, c’est qu’il y a une forte probabilité qu’ils aient des points et des intérêts communs.

Avec ce type de réseau, vous ne pouvez pas espérer jouir d’une profusion d’informations, aussi innombrables que variées. Cette kyrielle de renseignements est indispensable à la compréhension de l’environnement au sein duquel vous évoluez. Parce qu’il est restreint en termes de ressources, ce genre de réseau ne vous orientera pas pour prendre les bonnes décisions. Enfin, il ne vous sera d’aucune aide lorsque vous aurez à convaincre des personnes différentes de vous de soutenir vos idées. Voilà pourquoi vous devez développer délibérément vos réseaux professionnels. Pour ce faire, ayez la volonté, et faites l’effort, de repérer les contacts adéquats. Mais aussi, prenez soin des relations que vous nouez.

4) Les réseaux incarnent l’égocentrisme ou l’égoïsme

Un grand nombre de personnes voient dans le réseautage une démarche hypocrite fondée sur la manipulation.  Il est l’antithèse même de la méritocratie. Pour d’autres, le réseautage se fonde sur la notion de réciprocité : les membres du réseau reçoivent autant d’avantages qu’ils en donnent. D’après une étude, les personnes en début de carrière sont réticentes à l’idée de devoir faire du réseautage : la stratégie leur donne l’impression d’être « sales ». Inversement, les salariés qui ont déjà une longue expérience professionnelle derrière eux sont parfaitement à l’aise avec le principe du réseautage. Ils savent que ce qu’ils mettent à la disposition de leurs contacts est à la hauteur de ce que ces derniers ont à leur offrir. S’il y a cette différence de ressenti, c’est parce que les nouveaux venus dans la vie active sous-estiment la valeur de leurs apports dans le cadre d’un réseau. Par conséquent, ils ont l’impression d’endosser un rôle de suppliant au lieu de se considérer comme étant un des protagonistes à des échanges équitables. Pour se débarrasser de cette image désagréable, il n’y a qu’une solution : se mettre au réseautage et constater par soi-même qu’il s’agit d’une démarche noble et captivante.

5) Plus une relation est solide, plus elle est précieuse

L’intuition humaine impose un choix : dans son réseau, une personne juge essentiel un contact qui entretient une grande complicité avec elle. Ils sont proches, ils se font confiance, ils se connaissent bien. Chacun intègre l’autre à son cercle d’amis intimes. Ce raisonnement amène souvent à sous-estimer l’apport des autres membres du réseau, ceux avec qui l’affinité intellectuelle est absente, ceux qui appartiennent au réseau tout en étant extérieurs au cercle d’amis intimes. C’est ici que se loge l’erreur. Ces relations impersonnelles sont négligées alors qu’elles forment des puits d’innovation et qu’elles constituent un moule à vision stratégique.

Comment cela est-il possible ? Ces relations qui appartiennent à votre réseau, mais avec qui vous n’êtes pas proche, ont, elles aussi, des contacts qu’elles peuvent vous présenter. Autrement dit, ces personnes contribuent à élargir votre réseau, ce qui n’est pas souvent le cas de celles dont vous êtes proches. En effet, ces dernières ont généralement les mêmes renseignements et les mêmes fréquentations que les vôtres. Pour en revenir au réseau, plus il s’élargit et se développe, plus vous êtes en mesure d’acquérir des connaissances, de recueillir de nouvelles informations, de découvrir de nouveaux outils. C’est en ce sens que ces contacts qui entretiennent une relation impersonnelle avec vous contribuent indirectement à la réussite de votre activité, tout simplement, parce qu’elles vous aident à étoffer votre réseau.

Conclusion

Combien de temps allez-vous consacrer au réseautage ? Serez-vous prêt à déployer des efforts pour sa mise en œuvre ? Quel sera le rendement de votre investissement dans la constitution d’un réseau dense et diversifié ? Les réponses à ces trois questions dépendent de votre conception du réseautage. Enfin, pour savoir si la démarche en vaut réellement la peine, il n’y a pas meilleure solution que de la tester sur le terrain.

Lire l’article en anglais